Voilà, même si ces 3 derniers mois ont été un peu près tout sauf des "lonely days", et malgré le fait que personne que j'ai envie d'appeler "my baby" ne m'ait écrit (non pas que je le regrette hein. Parce que je ne voudrais pas que tu penses que même une infime partie de ce séjour n'est pas géniale. Parce qu'il l'est tout entier. Truly and utterly), j'ai mon "ticket for an aeroplane" et repars passer quelques jours en ma demeure continentale. Parce qu'après tout, j'ai beau me moquer de toi, mais tu me manques lecteur. Enfin, quand je n'ai rien à faire d'autre que de penser à toi, c'est à dire jamais. Mais l'intention est là, je peux te le dire. Et puis, soyons honnêtes, je rêve de raclette et autres joyeusetés qu'il est malheureusement impossible à réaliser ici. Bizarrement, sans lardons et sans reblochon, c'est super difficile de faire une tartiflette... Vraiment, Erasmus est plein d'enseignements.
Bref, tout ça pour dire que ce blog va connaitre une légère pause. Où est l'Aberdeen State of Mind si je suis à Echirolles, Neufchateau, Nancy, ou autres destinations idylliques? Mais ne pleure pas lecteur, je reviens en Janvier. Pendant ce temps, tu pourrais (par exemple) réfléchir à quel cadeau me ferait le plus plaisir. Un indice : plus que l'intention, c'est le prix qui compte.
C'est sur cette belle pensée pleine d'esprit de Noël que je déclare ouverte la trêve de Noël! Joyeuses fêtes cher lecteur! Et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures...
Voilà, je peux rayer "commencer un article en citant el General en jefe Emiliano Zapata" de ma liste des choses à faire avant de mourir. Je suis sur que peu de gens peuvent en dire autant. Elie 1 - Reste du Monde 0.
Pourquoi cette référence? Parce que, tout comme les peuples opprimés, les Ecossais vivent dans l'obscurité. Evidemment, pas parce qu'ils sont soumis au joug d'un régime dictatorial restreignant les libertés les plus fondamentales telles que le droit de manger des pâtes carbonaras quand on le désire (quoique... oh merde, le Royaume Uni est bien une dictature! Préviens Robespierre, le Che et Copernic, ce pauvre pays a besoin d'une révolution!), mais parce qu'il ne fait littéralement jamais jour. Ou presque. Enfin, disons que quand tu fais la grasse mat jusqu'à midi, et que le soleil est couché à 15h30, la journée passe très très vite. Mais, rassure toi, ça n'empêche pas ma vie d'être géniale!
Dernière preuve de génialitude : visite de Balmoral Castle, résidence de vacances de la Reine. Un parc immense, des collines, des forêts, des cerfs... Et donc un château. Plutôt joli de l'extérieur d'ailleurs. L'inconvénient, c'est que l'intérieur n'est pas visitable. Sécurité intérieure oblige, imagine que l'on veuille attenter à la vie de la Reine, en retirant le tapis de la salle de bains par exemple, pour qu'elle glisse sur le carrelage et qu'elle se rompe la nuque sur le bord de sa baignoire. Ou alors en lui volant tous ses rouleaux de PQ pour qu'elle ne puisse plus aller aux toilettes et qu'elle meure d'une occlusion intestinale. Reconnais que ça manquerait de panache pour une Reine. Donc voilà, impossible de visiter la salle de bains royale, ou les toilettes royales, ou même le placard à balais royal. De fait, ce qui est génial quand on visite les jardins, c'est que le guide peut donc nous dire "Et là, c'est la fenêtre de la chambre royale. Ou pas. Parce que nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe dans le château. Mais c'était la chambre de la reine Victoria en tout cas." Ce qui me semble déjà assez dangereux comme information : dans l'hypothèse où on invente la machine à remonter le temps, on pourra lancer des cailloux dans la tête de Victoria depuis les jardins. Ou lui tirer dessus au pistolet laser (parce que rappelle toi, on vient quand même de remonter le temps de quelques centaines d'années, donc un pistolet laser, ça reste un petit gadget).
En même temps, la seule salle visitable était la salle de bal (où les photos étaient interdites), où là déco oscillait entre le kitsch et la laideur absolue. Passe encore sur les portraits de chiens (après tout, quand on voit la tête du Prince Charles, on comprend qu'ils préfèrent peindre leurs animaux de compagnie), mais le tableau du perroquet sur son perchoir avec un chien qui le regarde était juste ignoble. Si le reste du château est du même acabit, l'interdiction de visiter prend tout son sens.
A part ça, que dire? Pas grand chose. Cette semaine a été plutôt calme, le semestre se termine tranquillement, le retour en France se rapproche (d'ailleurs, si tu veux organiser une fête surprise pour fêter ça, je te conseille de te presser, tu n'as plus beaucoup de temps), et la "période soirées de Noël" a fort bien commencé. Tu savais qu'avant, le mercredi c'était le jeudi?
PS : si tu ne comprends pas cette dernière blague ne t'inquiète pas, c'est normal. PPS : sur le sujet des 16h de nuit par jour, j'ai longuement hésité à intituler cet article "Vampire state of mind", mais je pense que la base de mon lectorat n'étant pas forcément fan de Jay-Z, tu n'aurais malheureusement pas apprécié ce jeu de mot à sa juste valeur. De même, j'ai renoncé à dire "Les jours sont tellement courts que je risque de devoir passer par les Chemins des Morts", parce que là, pour le coup, personne n'aurait compris. Et c'est bien dommage, c'est pourtant une référence culturelle littéraire de haut niveau. Tant de calembours qui passent à la trappe...
J'ai combattu la loi, et la loi m'a vaincu. Chanson que, en tant qu'étudiant en droit (et fier de l'être. Enfin peut être.) je pourrais chanter tous les jours, comme hymne à la gloire du règne de la loi, expression de la volonté générale, et dernière garantie de moralité dans notre société chaque jour un peu plus dépravée, usée par la recherche permanence du profit et de la jouissance immédiate, sans aucune pensée en direction d'un avenir qui s'annonce bien sombre.
Mais, cher lecteur, rassure toi, ce blog restera pour toujours un phare dans la noirceur des jours futurs. Tout cela doit t'échapper en ce moment, mais tu comprendras mieux quand les machines prendront le pouvoir (ce qui ne saurait tarder), ou qu'une vague géante engloutira New York (et donc le monde), ou que les extraterrestres décideront de détruire la planète, juste par pure méchanceté, parce qu'après tout, ils sont petits et verts. Tout ce ramassis de stupidités pour dire que, même si, comme mon très cher frère (que la paix soit avec lui) me l'a fait remarquer, il n'y a eu que deux articles en novembre, cela ne veut pas dire que j'ai laissé ce blog, oeuvre de ma vie, à l'abandon.
Bref, passons outre cette légère digression sur l'avenir de ce blog (et donc du monde), et revenons plutôt à ce brave Joe (Strummer, of course. Au contraire de KT Tunstall, si tu ne le connais pas, je ne peux que te conseiller d'apprendre à connaitre ce gentil garçon.) et ses cailloux qu'il casse sous un soleil brulant (L'ingrat. Qu'il vienne casser ses cailloux en Ecosse, et on verra s'il se plaindra toujours du temps qu'il fait dans son pénitencier). Cette chanson est liée au fait que cette semaine, j'ai continué mon année de touriste (année d'études? Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler) et suis allé visiter la Court of Session, et la High Court of Justiciary, respectivement les juridictions suprèmes écossaises en matière civile et pénale. Je sais, si tu es juriste, tu est follement jaloux de cette magnifique opportunité. L'inconvénient, c'est que, comme dans tout bon tribunal, les photos sont interdites. Donc, paf, impossibilité technique de montrer à tes yeux ébaubis (oui oui, c'est un vrai mot) ces vénérables institutions. Pour avoir une idée de ce que ça donne, imagine donc un grand bâtiment pleins de gens comme ça :
Voilà, tu as l'idée générale. Je ne doute pas que tu es impressionné. Et, oui, ils portent tous (juges, avocats, greffiers, huissiers...) sans exception une perruque pendant les audiences. Ce qui pourrait prouver que tout ces gens censés être très sérieux ont un grand sens de l'auto-dérision et une capacité hors du commun à garder leur contenance en toutes circonstances (parce que, regardons les choses en face, ça doit être vachement dur de condamner un mec à la prison à vie alors que tu as un rat mort posé sur la tête. Ta crédibilité en prend un coup. D'autant que d'un point de vue purement esthétique, c'est toi qui mériterais d'être derrière les barreaux.) Mais, bizarrement, il y a une raison pour laquelle ils portent ces immondes choses (outre le fait que les juges sont souvent vieux et chauves, et doivent donc complexer au moment de juger des jeunes beatniks chevelus), c'est en fait pour des questions de sécurité. Apparemment, il y a quelques années, il y a eu un mouvement pour qu'ils arrêtent de porter des perruques, et le nombre de juges agressés à leur domicile a connu une nette augmentation. Crois le ou non, il semble que la perruque protège l'anonymat.
PS : Ca fait longtemps que je n'avais pas fait un article sans t'insulter non? Pas la peine de me remercier, je suis presque sur que ça ne durera pas.
Entre la fac le boulot les amis les soirées et la fonce-dé?
L'esprit porté sur tout et pourtant sans cesse occupé
Plus on en fait, plus on en fait
En effet, heureusement que je ne pratique pas la fonce-dé, parce que ces dernières semaines ont été très intenses. Ce "plus on en fait, plus on en fait" s'est plutôt très bien vérifié. Si tu te dis "mais comment peut il être si chargé, alors que son emploi du temps est outrageusement famélique?", je te demanderai d'écrire un essai de 2000 mots sur le fonctionnement de la Cour de Justice des Communautés Européennes, et un autre de 2500 mots sur un texte de 30 pages intitulé "Law as a moral idea", tout ça dans une langue qui n'est pas celle de ta patrie bien-aimée. Et en gardant un minimum de vie sociale évidemment, sinon le suicide guette. Et là, pour une fois dans ta vie, tu te rendras compte ce que c'est que travailler, parce que, tout le monde le sait, à l'exception de quelques personnes, les gens qui lisent ce blog ne font rien de leur vie (l'avantage de rajouter cette exception, c'est que personne ne va se sentir visé, et donc je peux continuer à t'insulter en toute quiétude, sans que jamais tu ne m'en veuilles. Naïf que tu es.)
Heureusement, ces essais sont rendus, et donc je peux te relater mon dernier voyage au pays du Chardon, dans la charmante bourgade de Saint Andrews. Mais d'abord, un petit peu de culture générale : le Saint Andrew's Day (le 30 novembre) est la fête nationale écossaise, puisque Saint Andrew (ou André pour les francophone. Dédé, pour Christophe. Aucun respect.) est le saint patron de l'Ecosse. La croix sur laquelle il a été crucifié est même le drapeau écossais!
Du coup, à Saint Andrews, où sont censés se trouver des reliques de Dédé, un festival a lieu tous les ans autour du 30 novembre. Et c'est ce que nous, pauvres touristes, sommes allés voir.
Au passage, Saint Andrews est bien plus qu'une ville de la côte écossaise où se trouve des reliques, puisque c'est là qu'a été inventé le golf : le Royal and Ancient Golf Club of Saint Andrews est le plus vieux (et donc le plus prestigieux) des clubs de golf au monde, et c'est lui qui a autorité pour édicter les règles de ce sport dans le monde entier. Enfin, c'est là que se tient le British Open de golf, la plus ancienne (et donc la plus prestigieuse) des levées du Grand Chelem.
L'Université de Saint Andrews et la troisième plus vieille (et donc la 3ème plus prestigieuse... enfin peut être) université de langue anglaise au monde. C'est d'ailleurs là qu'a étudié le Prince William, ce qui doit être une preuve de l'excellence de cette université. Je pense qu'on peut légitiment imaginer que le numéro deux dans la ligne de succession pour la royauté de 16 états n'a pas étudié dans une école au rabais. Mais évidemment, je peux me tromper.
Enfin, ou plutôt "surtout", c'est là qu'a grandi l'immense, et internationalement renommée... KT Tunstall. Si tu ne sais pas qui c'est, ne prends pas la peine de chercher, ça ne vaut pas le coup.
Voilà pour la minute culturelle, ne me remercie pas pour cette manne de connaissances, tout le plaisir a été pour moi. En plus, tout ce que je viens de dire, je viens de le pomper sur Wikipédia.
Samedi matin, nous voila donc partis pour Saint Andrews. Après un trajet en bus sans histoires (sauf que Joseph a du donner un rein au moment de payer. Enfin en tout cas, c'est l'impression qu'il a donné, tellement il a eu l'air de mal vivre le fait de payer son billet. Si tu veux en tirer des conclusions sur les problèmes éventuels de ce garçon face aux règles les plus élémentaires de la vie en société, telle que "payer quand on prend le bus", libre à toi), nous voilà arrivés à destination. 10 minutes plus tard, on avait fini de traverser la ville de part en part, ce qui te donne une idée de sa taille.
Comme dans toute ville écossaise qui se respecte, de superbes ruines :
Ensuite, la température culminant à un bon 4 degrés, pause chocolat chaud / café / thé (rayer la mention inutile), où l'on a pu apprécier le souci du détail de nos amis britanniques (et aussi la folie de Noël qui semble les animer) :
Lovely, isn't it? Après une nouvelle traversée de la ville (10 minutes donc, si tu as suivi) et quelques courses pour les plus imprévoyants (dont, crois le ou non, je ne faisais pas partie) n'ayant pas de sandwichs, recherche d'un endroit pour déjeuner. Sauf que, comme mentionné précédemment, il faisait 4 degrés,ce qui retire grandement aux charmes du pique nique entre amis. Le repas fut donc vite expédié, et hop dans le premier truc qui vient pour nous réchauffer, le musée du Golf. Assez sympa dans l'ensemble, sauf les jeux pour enfants de la fin, bien évidemment, qui eux étaient géniaux. C'est fou comme les déguisements marchent bien à tout âge.
Une fois bien réchauffés, retour dans la froideur automnale pour une balade sur le magnifique bord de mer. Et là, le magnifique est tout sauf une exagération :
Ensuite un petit saut au Saint Andrew's Museum, avec une exposition sur des costumes écossais anciens, ce qui, à part permettre aux filles de se déguiser pour la 2ème fois de la journée, était plutôt pas très intéressant.
Enfin, direction ce qui était censé être le point culminant de la journée : le "sons et lumières" (en français dans le texte), seul évènement payant de la journée (3£. Tout un budget comme tu peux l'imaginer). Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça a été... décevant. Disons que appeler un "son et lumière" la projection de diapos sur une façade avec des bruitages d'un intérêt moyen, tout cela pour une durée totale de 10 minutes, on s'est quelque peu sentis roulés si j'ose m'exprimer aussi trivialement. Si tu veux te faire une vague idée, une petite vidéo filmée par mes soins :
Voilà, fin de journée, après une étape fort sympathique à Dundee, retour à Aberdeen (ou au Groënland, pour autant que je sache, vu la température pour le moins glaciale). Et c'est là que s'arrête à la fois ma journée de samedi et mon article.
Mais, rassure toi, cette semaine va être pleine d'animations aussi, promesse d'articles tous plus excellents les uns que les autres. Plus on en fait, plus on en fait...